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Les Grands Rapaces Pyrénéens
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par Jean Joachim,
Assistant-ingénieur au laboratoire Faune Sauvage de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA).
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Gardons donc toujours un œil en l'air pour apercevoir parfois la silhouette
furtive, ou au contraire bien en vue au milieu du ciel, d'un de ces grands rapaces dans son domaine.
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Les sentiers de randonnée démarrent dans le piémont, parfois à proximité de falaises propices à la
présence du Faucon pèlerin, par exemple sur les Quiés prés de Luzenac en Ariège. Il paraît surprenant
de ranger le faucon parmi les "grands rapaces" mais les problèmes que cette espèce a connu lui ont
valu une place de choix dans la liste mondiale des espèces menacées dans les années 70. Actuellement
en expansion démographique, nous aurons peut être la chance d'apercevoir sa silhouette glisser le
long des falaises vers Ax-les-Thermes.
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Plus haut dans la montagne, au dessus de la forêt, nous sommes dans le domaine de l'isard.
C'est là que nous pouvons aussi apercevoir l'Aigle royal. Quoique ne dédaignant pas les proies
mortes, l'aigle est surtout un chasseur qui, dans les Alpes, est plus ou moins spécialisé dans
la capture des marmottes. Certes, la marmotte a été introduite en plusieurs endroits
et avec succès Dans les Pyrénées. Mais sa présence n'est pas encore généralisée et les aigles
doivent se contenter de proies plus petites : Écureuils, campagnols, taupes ou reptiles constituent
leur ordinaire, l'occasion offrant parfois un oiseau ou un lièvre !
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C'est sur les hauteurs que l'on verra aussi un petit vautour très peu connu du grand public : le
Percnoptère d'Égypte. Ce petit charognard migrateur a disparu de nombreuses régions montagneuses où il
était autrefois commun : Massif Central, Alpes du Sud, Alpilles.... Vivant en couples isolés les uns
des autres, quelques oiseaux peuvent se retrouver sur des cadavres d'animaux ou des tas d'ordures !
Mais le Percnoptère est très opportuniste et peut manger à peu près n'importe quoi : depuis les
œufs d'autruche en Afrique, cassés à l'aide de cailloux utilisés comme outils, jusqu'aux déjections
de moutons !
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A la fonte des neiges, des cadavres d'animaux tués dans les avalanches de l'hiver apparaissent ici
et là en haute montagne. C'est une aubaine pour les Vautours fauves qui les repèrent très vite
lors de leurs pérégrinations incessantes sur toute la chaîne. Quand un vautour plonge vers un
repas supposé, tous les autres, surveillant de loin en loin leurs congénères, convergent alors sur le
secteur et c'est une troupe criarde qui nettoie la carcasse, ne laissant que les ossements les
plus durs. Le comportement des vautours sur un cadavre reste social, réglé par des rapports de
dominance temporaire : l'oiseau le plus affamé et le plus agressif se sert seul au cadavre,
puis, son agressivité et sa faim s'émoussant, sa dominance tombe et un candidat plus agressif
le remplace alors.
Pendant la curée des vautours, un grand oiseau plane souvent à une certaine distance et prend
ses repères. Il n'est pas pressé et reviendra plus tard, souvent beaucoup plus tard. C'est le Gypaète
barbu, le plus grand rapace de notre faune d'Europe. La particularité très frappante de cet oiseau
est d'être un mangeur d'os ! Mais si notre oiseau est capable d'avaler rondement un sabot
de vache, bien des ossements sont trop encombrants pour être avalés tels quels. L'oiseau les
emporte alors dans ses serres et les lâche de plusieurs centaines de mètres d'altitude sur un lieu
rocheux où il pourra récupérer les débris et les avaler sans peine !
Le Gypaète est (avec l'Aigle de Bonelli) le rapace le plus menacé de notre faune. Les couples disséminés
le long de la chaîne pyrénéenne sont suivis avec assiduité depuis plus d'une vingtaine d'années
et un programme de réintroduction est actuellement mené dans les Alpes.
Certes, il faudra beaucoup de chances pour voir tous ces oiseaux dans une seule balade en montagne, mais
avec un peu de persévérance, tout le monde peut croiser un jour ces animaux de légende dans leur refuge pyrénéen.
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