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L'abbaye de Saint-Hilaire
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Aude
Un peu d'histoire...
C'est le première évêque de Carcassonne qui, au VIe siècle,
demanda la construction sur le petit éperon rocheux dominant le
Lauquet d'une chapelle qui devint ensuite sa sépulture. L'abbaye
qui la remplaça au VIIIe siècle fut d'abord consacrée au célèbre
Saint-Saturnin ou Sernin, évèque-martyr de Toulouse, puis placée
sous le patronage d'Hilaire lorsqu'on y découvrit ses restes.
L'établissement monastique, sous la protection des comtes de Carcassonne,
eut un rayonnement considérable dans la région jusqu'au XIIIe siècle. Mais peu
à peu, épidémies et guerres rendirent insuffisantes les ressources du
monastère dont les effectifs diminuèrent jusqu'à sa transformation en église paroissiale en 1758.
Il est à noter que c'est aux moines de Saint-Hilaire que l'on doit, en 1531,
l'invention du plus vieux vin effervescent du monde :
la Blanquette de Limoux
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Abbaye de Saint Hilaire |
Trésors romans
Remaniée au cours des siècles, l'église actuelle date du XIIIe siècle.
Couvertes à l'origine d'une charpente de bois, ses trois travées
sont depuis
1257 voûtées d'ogives à la mode gothique. Le véritable, l'exceptionnel, trésor roman
qu'elle abrite est le sarcophage sculpté au XIIe siècle par le mystérieux Maître de Cabestany.
Cette cuve, creusée dans un seul bloc de marbre blanc des Pyrénées, mesure deux mètres.
Les bords de sa cavité intérieure sont épais de trente centimètres.
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Plus qu'un tombeau,
ce sarcophage est un reliquaire, qui conservait un bras de Saint-Hilaire et sa ceinture
de soie rouge. Sur trois faces sont représentés l'arrestation, le martyre et l'ensevelissement de
Saint Sernin, traîné par un taureau sauvage dans les rues de Toulouse. Le fauve est prêt à s'élancer,
piqué à la croupe par un aiguillon. Entre les jambes de chaque persécuteur une tête animale
symbolise sa brutalité. Grouillante de vie, à la fois réaliste et mystique, cette pièce magnifique
constituait le maître-autel de l'abbaye.
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Le Maître de Cabestany
Ce mystérieux sculpteur du XIIe siècle doit son nom à un petit village situé
à l'est de Perpignan, dont il orna l'église d'un fascinant tympan.
Artiste nomade et anonyme, le Maître et les artisans de son atelier ont laissé leur
empreinte sur de nombreux monuments du Roussillon et jusqu'en Navarre.
Affranchi du souci de réalisme des sculpteurs romans, il fait surgir de la pierre
des personnages aux corps trapus, aux mains immenses, aux yeux proéminents,
avec "une puissance et une sauvagerie" qui sont sa marque.
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